
" Sans titre" Encre sur cahier Canson ©Paul Coudsi le 15 octobre 2022
On dit que les canards cancanent. Ils feraient des cancans. Ou des nasillements. J’aime moins le deuxième substantif. Il vient du verbe nasiller. Si je le conjugue à la première personne du pluriel (nous nasil….) cela resonne mal à mon oreille et me fait penser à un adepte des abjections nées en 1933 en Allemagne. Abjection pas enterrées, hélas et qui semble vouloir repartir de plus belle à l’Est comme à l’Ouest, on dirait que le temps de l’écrasement monstrueux et imbécile des plus faibles par les plus puissant reprend encore plus que d’habitude du poil de la bête…
J’ai donc envie de cancaner. A propos du droit international. Et oui, les autres voyages du graphisme mènent aussi à cela. Et ce n’est pas de ma faute. Cela nous tombe sur la gueule à toutes et à tous. Le droit international ! Encore une mauvaise et triste blague ! C’est toujours la même abominable histoire. Il m’a pris une germination irrépressible d’utopie. Cela ne se soigne que dans un contexte social de paix et d’harmonie… Et là non… Je n’arrive pas à le soigner.
Alors tant pis.
Alors voilà ce que je me dis : tant que la société humaine dans sa globalité ne saura pas, concrètement et techniquement, empêcher immédiatement ses violations, ou mettre sans délai au pas les voyous planétaires qui piétinent la paix du monde avec une jouissance abjecte et sidérante, faire coin coin comme les canards ou protester reviendra au même. Nous mettons au pouvoir, depuis des millénaires, les pires ogres, nous les engraissons et nous leur permettons de nous réduire à la misère, de nous torturer et de nous transformer en cendres. Nous avons pourtant appris au fil des siècles à nous parler, à nous laver, nous soigner, à faire le ménage et la vaisselle, à nous protéger du froid et du chaud, des tempêtes, à cultiver, construire, nous cultiver, créer, aimer, découvrir, etc., quotidiennement, nous avons le langage, des sciences remarquables… mais nous n'avons pas appris à avoir (presque) tous ensemble, au moins une fois par jour, une hygiène vitale et planétaire, permettant de renvoyer pour de bon, dans les faits, sans relâche, jour après jour, les monstres qui nous dévorent au fin fond des enfers du centre de la terre, ou du cœur du soleil...
Il est peut-être temps de commencer à l'apprendre. Si nous aimons la vie...
En attendant je fais comme tout le monde (ou presque) : « Coin coin… »

" Tête creuse ", encre sur cahier Canson, © Paul Coudsi le 25 juillet 2022