Qui qu'a mangé les cornichons ? 
Et qui c'est qu'a mordu Mirza ?

Si j’ai pu réaliser des films qui pour certains ont été vus aux quatre coins du monde, toutes mes expositions, la première s’est déroulée en 2010, se sont faites jusq'ici à Montpellier ou ses environs proches… J’expose, pour l’instant, local… Ce qui est pratique et m’a évité jusqu’ici de dépenser des fortunes pour aller à l’autre bout du pays (ou d’autres pays) avec cartons et cadres et autres ustensiles… Un jour peut-être,  « On » viendra prendre mes œuvres et les installer, tous frais payés. Cela me conviendra parfaitement… Mais en attendant, j’ai eu envie de faire un petit récapitulatif des expositions pour moi importantes, je ne cite pas certaines installations trop éphémères, mal goupillées, ou problématiques auxquelles désormais j’ai renoncé. Et je remercie au passage toutes les personnes et institutions qui m’ont offert ces opportunités d’exhibitions, notamment les Maisons pour Tous de Montpellier avec tout particulièrement Sophie Gaudin de la Maison pour Tous Mélina Mercouri à Montpellier, l’association ThéaVida et Gabrielle Gonzales, je cite également Mathilde Biagioli et Pauline Agape pour les Archives départementales de l’Hérault et Annie Morose de la MJC de Teyran grâce à qui l’aventure de « Voyage d’été… l’hiver à Niteroi » a pu se lancer.

 

Les deux panneaux du décor central du concert « Irons-nous au Brésil », ont rejoint l’exposition après la soirée de vernissage (à la Maison pour tous Mélina Mercouri à Montpellier du 6 au 26 octobre 2023 )

C’est probablement au sortir de mes années calamiteuses du début de ce millénaire qu’un jour je me suis dit que, certainement, l’idée d’exposer n’était guère raisonnable, mais que vu que c’était une idée nouvelle, une idée soudaine d’un inaccessible lointain, de ce fait, c'était une idée… Je sortais d’une tentative acharnée et périlleuse de monter et vendre un jeu vidéo que j’avais imaginé, bien mal m’en prit, et j’avais mis plus de 5 ans ensuite à refaire surface, sortir d’une sacrée galère, redécouvrant petit à petit la valeur des vrais objets, des vrais dessins, qu’heureusement je n’ai jamais abandonnés.

Par quel chemin, un ami d’alors, disparu, à moins que ce soit une amie devenue géographiquement lointaine et quelque peu disparue aussi, (les amis c’est aussi fait pour s’éloigner ou disparaitre dit la chanson), m’intronisèrent dans le jardin de « Label Hélène », un week-end de printemps 2010 ? Si ma mémoire et mes notes ne me trompent pas nous étions huit exposants, dont notre hôtesse Label Hélène, avec ses très belles créatures féériques et sorcières, aquatiques et batraciennes. Exposaient en ma compagnie, dans le désordre alphabétique le plus complet, Florence Pesez, ses crânes d’animaux, collages et objets fantastiques, Véronique Fagart dont j’ai longtemps eu un dessin à droite de mon bureau,  Jean-Louis Bec, photographe cérébral, qui a caché mon portrait dans un reflet de la porte d’entrée vitrée d’un théâtre, et un de ceux qui ont d’un coup disparu de mes voisinages, Isabelle Haas, sculptrice, ses belles figures en terre et en grès il me semble, Marie Bruno dont j’ai gardé le visage en souvenir, et Pascal-Olivier Reynaud, ses papiers sculptés et découpés, tout en finesse et en lumière. Je crois que je n’ai oublié personne…

J’avais choisi et mis en cadre neuf tableaux et dessins, des anciennes choses tirées de mes premiers films, et des plus récentes, dont un tableau issu de mes voyages au Brésil. Voici ce que j’en disais : « Fenêtres sur le monde inattendu des esprits, traces de fantômes énergiques, ces compositions sont le résultat d’un travail épisodique, moments volés au jour le jour, à la minute la minute, instants d’obéissance aux caresses renversantes d’anges inattendus, libertés passagères, sagesses de tortue… » Et j’avais titré ma présentation « Tableaux volés au temps ». Je fus ravi de ces deux jours, des rencontres qu’ils créèrent.

 Je récidivais l’année suivante, mais avec moins de bonheur, place de la Canourgue, un samedi de juin 2011, la manifestation organisée par l’association Clap’Arts existe encore, je n’ai pas aimé le côté foire, même si elle était de bonne humeur et sans empoigne. Noyée dans la masse, peu spectaculaire, mon expression graphique demande en effet l’intime, l’inattendu, la découverte… il était temps de me demander si mon idée n’était pas d’exposer dans un espace qui mette en valeur ces gribouillages et barbouillages… On a les moyens de ses vanités, sinon cela ne sert à rien de vouloir exposer. Regardez moi et rien que moi, ah mais quel bonheur !

 

 

Ce n’est qu’avec la réalisation du récit illustré et musical d’un séjour au Brésil en 2013, « Voyage d’été… l’hiver à Niterói » que j’ai pu présenter une véritable exposition cohérente, manifestation accompagnée de textes et d’un concert, plus tard concert lecture, avec la chanteuse Sonia Bessa. L’exhibition des dessins et tableaux réalisés autour de ce voyage s’est répétée pas moins de onze fois, avec des variantes, des nouvelles œuvres, certaines toiles vendues étant parties dans un nouveau voyage. Onze expositions, de 2013 à 2020, dans des lieux divers, Maisons pour tous, MJC, jardins, salle associative, librairie et pour finir en prestige, la Maison des Relations Internationales à Montpellier, belle salle que j’ai partagée avec le dessinateur Loustal, quelques heures avant le premier confinement et le surgissement au devant de la scène de cette étrange pandémie…

Est venue entre temps une exposition sur le thème du « fil de l’eau », dans une petite chapelle au dessus du Campus de Montferrier-sur-Lez, en compagnie du photographe Dominique Becam,  exposition prémisse d’un nouveau livre illustré et musical « La frontière des vagues », qui accompagnera un nouveau concert-lecture, toujours avec la voix merveilleuse de Sonia Bessa et ses fantastiques musiciens.

 

 

 

2021, retour à la Maison des Relations Internationales, toujours grâce à l’association ThéaVida, portraits de femmes d’Amérique latine, exposition collective…  j’y montre le portrait de femmes que la dictature brésilienne avait martyrisées et fait disparaitre.

Puis c’est le tour d’un projet inspiré de vieilles photos argentiques retrouvées, « Photos tirées d’un cagibi », avec cette fois une lecture musicale, toujours le chant de Sonia Bessa, j’embrigade dans cette performance (affreux jargon) des auteurs amis lisant à haute voix avec moi mes salades mixtures d’extraits littéraires et poétiques.

Et pour finir, pour l’instant, à l’occasion d’une projection rétrospective de mes petits films d’animation des années 1983 à 1992, Mathilde Biagoli et Paulin Agape montent une exposition de dessins de ces films, images et autres documents, aux Archives départementales de l’Hérault, dans le bâtiment cosmique de Pierrevives.

Quant à aujourd’hui, j’ai envie de montrer mes dessins libres, faits en toute liberté, sans thème, sans idée préalable, n’accompagnant pas et n’étant pas accompagnés de longues écritures, ce serait une exhibition sans alibi. Alors j’ai commencé à classer ces toutes petites œuvres pondues 1967… Des dessins qui ne prétendent pas dire quelque chose, qui ne parlent guère de moi, des dessins venus là, à leur guise. Dessins qu’il ne faut pas expliquer. Des dessins qui suggèrent dans une langue que nous connaissons peut-être, qui est de toutes les langues, enfouies en nous…. Tout à fait dans l’air du temps qui demande des explications et des discours pseudo-rationnels, sortis des nouveaux missels de « l’art contemporain » (cela va devenir un gros mot !) pour ce qui devrait être regardé avec juste parfois un titre, quelques mots  !  Idée improbable et peu raisonnable. A considérer…

Sont affichés sous cet onglet « Exposer » tous les liens vers les vingt expositions dont je résume le déroulé, exhibitions individuelles ou collectives, petites ou grandes. groupées par années ou ensemble d’années. Plus tard il y aura aussi la description poétique et imagée d’une prochaine installation, pour l’instant improbable…mais qu’il faut imaginer…

 

 

Celluloïd du film « Portrait n°2 » (1987), exposition à l’occasion d’une projection rencontre autour de mes films d’animation de 1983 et 1992, Archives départementales de l’Hérault, Pierrevives, du 7 au 18 juin 2022

Publié par Paul